— Poussez-vous ! Ordonna Marysla en s'approchant.
La chemise que portait le patient était remontée jusqu'à sa taille, dévoilant ses jambes nues et raidies. Les articulations de ses chevilles et de ses genoux étaient rouges et brûlantes.
— Donnez-lui un calmant, immédiatement !
— Quelle dose, docteur ? Demanda un infirmier alors que Marco immobilisait le patient, le maintenant fermement sur son matelas par les épaules.
— Assez pour qu'elle se détende. Et je veux une analyse sur mon bureau dans dix minutes.
Elle ressortit avant d'avoir entendu la réponse de son équipe.
Marco était troublé quand il entra dans son bureau vingt minutes plus tard. Il tendit un feuillet à Marysla.
— Vous n'allez pas le croire, dit-il simplement.
Marysla haussa les épaules.
— Le patient grandit, c'est ça ?
Elle feuilleta simplement l'analyse, qui confirmait ses premières conclusions. Marco était encore plus déstabilisé.
— Vous êtes pâle. Asseyez-vous. La thermos est pleine.
Elle fit pivoter son fauteuil pendant qu'il leur versait deux tasses de café. De son bureau elle avait une vue sur le vide. Peu de gens appréciait ce genre d'ouverture, ressentant inconsciemment la peur, l'angoisse de l'immensité, ou de la simple fêlure dans la vitre. Mais Marysla trouvait ce paysage reposant.
— Comment le saviez-vous ? Demanda Marco après quelques minutes de silence.
— C'est la seule explication logique, commença Marysla. Mais d'abord... Je dois reparler avec le patient. Quand sera-t-il réveillé ?
— D'ici une vingtaine d'heures.
— Bien. Quand il sera réveillé, donnez-lui des feuilles et des crayons de couleur. Je le verrai dans quarante-huit heures. Vous pouvez y aller.
* * *
— Bonjour Lydia.
Le patient releva la tête de son dessin. Quelqu'un l'avait coiffée, séparant ses cheveux en deux tresses, et elle portait un pantalon kaki replié aux jambes, trop grand pour elle.