HEUREUX CEUX QUI DOUTENT !
Dans la catégorie : Vers libres
par Roland Reumond
BIENHEUREUX CEUX QUI DOUTENT !
(Quand la bûche devient billot, c’est une chute du bois)
Illustrations : Bûche de Noël ou penseur de rondin ?
Religieusement incorrect, politiquement correct, philosophiquement impropre…, les champs de l’honnêteté sont trop souvent semés de bombes amorcées !
Ce sont les « convictions » qui nous tuent, nous torturent, nous excluent, excommunient au-delà des barbelés, nous inquisitionnent jusqu’au fond des tiroirs de l’âme, nous croisadent jusqu’en nos jardins secrets et nos terres de différences, et ainsi font, font, font, de petites marionnettes, des parias, des sans-papiers, sans domiciles, sans espoir...
Ce sont les évidences qui nous évident de nous-mêmes, nos vérités préfabriquées, acquises ou innées qui font de nous des gens du « nous », du « on »…,
parce que nos convictions nous lient aux ismes sans issues, et nous soumettent aux clans des justes, nous assujettissent, nous donnant quelques consolations pour réduire nos tristes angoisses et notre culpabilité naturelle.
Vaincre et convaincre sont aux mamelles des certitudes ce que l’évidence est au trompe-l’œil !
Je pense donc je doute ! Car les supposés donnent une raison de penser ! Et plus que la certitude, le doute comme l'espoir donnent à vivre et à rêver !
Le réel c’est justement cette hypothétique réalité qui se fait, se défait, se réalise dans l’inconnaissance, se construit au fil de l’Espace-temps, en pleine opacité.
Entre l’illusion et la conviction, il n’y a pas de place pour les croyances radicales, aucun endroit pour toutes formes de fondamentalisme, de partis extrémistes, à gauche comme à droite ; là où c’est trop bleu, l’azur rend aveugle, ailleurs, c’est la nuit la plus noire des dualismes stériles, ou bien c’est le feu le plus rouge qui nous ronge de l’intérieur…, seul l’entre-deux engendre la grâce entre causes opposées.
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