L’ERAFLEUR DE VELIN
Dans la catégorie : Essais
par Roland Reumond
Quand la chair se fait icône, pour que l'image puisse parler au corps médical, social ou culturel …, le champ de l'imagerie (médicale) s’ouvre à l’art et nous fait directement entrer dans cette dialectique qui est celle de la corporéité du langage : médical ou poétique. Car le Monde et l’homme ne sont eux-mêmes que des effets du verbe, et l’image émise leur revient comme l’écho boomerang revient toujours à son point de départ.
Les mots comme les traits ne s’inscrivent-ils pas toujours en creux et (ou) en saillie, tels ces vieux couples qui se couchent tôt à l’horizon, entre le ciel rouge flamme et la terre de Sienne, papiers lourds à s’endormir aux lits des plages et des nuages grisonnants.
Sachez-le, l’écriture s’affine avec le temps comme aux cavités des corps usés par l’âge ?
Même là, où se nichent nos ratures et nos mots creux, il y a toujours une pointe de lumière à saillir les partitions.
C’est semble-t-il, une question d’encre à nicher les trouvailles, d'entre à cacher les trésors, ou d'antre peut-être, où l'hôte se reçoit de l'autre, don pour don ; là où l’on se tourne la page, où l'on se cache, ou l’on se donne à tracer, voir et écrire ..., dialectique sans fin de la présence et de l'absence, du vide et du plein, de la cabane à loger des milliers de pages en friche.
S’il nous faut tourner quarante fois la langue en nos bouches sucrées, c’est pour mieux gouter la suave saveur des mots, et s’il nous faut faire pirouetter sept fois septante-sept fois le pardon dans l’encrier du regard, c’est davantage pour élargir notre champ de vision.
(…)
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