sans titre pour l'instant (partie 2)
Dans la catégorie : Nouvelles générales
par Rémy Garreau
Jetant un bref regard à son réveil, Jane sauta sur ses pieds et dévala l’escalier. Une odeur alléchante emplissait l’atmosphère, et lorsqu’elle arriva à la hâte dans la cuisine, l’adolescente y trouva sa mère attelée aux fourneaux.
Il n’y avait rien de changé, cette fois-ci. Le tablier à fleurs bleues qui était noué autour de sa taille avait toujours l’air aussi ridicule, et sa mine intriguée lorsqu’elle se retourna vers sa fille était tout sauf malveillante.
« Jane ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
_ Oh, rien. Rien du tout, maman. »
Elle se mordit les lèvres, regrettant de n’avoir pu cacher le soulagement qui avait ponctué sa voix. Après un haussement d’épaule, sa mère sourit et retourna à ses occupations.
Sans plus attendre, Jane remonta à l’étage et gagna en quelques enjambées l’entrée du grenier. Elle eut un instant d’hésitation en approchant sa main de la poignée. Sa mère était en bas. Tout allait bien. Elle poussa la porte, qui grinça sur ses gonds et découvrit lentement l’espace si rassurant qu’elle connaissait bien.
Toujours sur le bureau, son journal semblait l’attendre impatiemment.
La journée de mon seizième anniversaire se poursuit, désagréablement pimentée par un cauchemar. Vous savez, un de ceux qui vous font monter les larmes aux yeux quand vous osez y repenser. Un de ceux qui vous montrent la douleur et le dégoût à l’état pur. Voici ce que je viens de traverser. Et il n’est qu’à peine midi…
L’après-midi débuta avec une joie forcée, dont elle due maquiller sa voix pour répondre aux multiples appels téléphoniques de ses amis. Sa tante – du côté maternelle – l’avait également appelée. Elle et son petit mari, chauve triste et rondouillard, allaient « sûrement » venir le lendemain. Comme tous les ans depuis sa petite enfance, leurs preuves d’affection pouvaient se résumer à un tas de suppositions vaguement crédibles.
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