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QUELQUES REFLEXIONS SUR LA POESIE

Dans la catégorie : Essais

Photo de Roland Reumond par Roland Reumond

        Si la littérature peut-être une "religion" pour beaucoup, avec ses rituels, ses Grands Prêtres, ses liturgistes aux grands livres sacrés, avec tout leur fondamentalisme, leur légalisme et autres issues (impasses, cul de sac et isme de tous poils) ; la poésie en « sa racine concave » est « en avant toute » l’essence même de toute création (opposée à son expression « con vexe » pas toujours ajustée ou nuancée.
        
        L’étymologie même du terme poésie (Poieô, poiêma, poiêsis …), va dans ce sens et nous invite à « rendre réel » le réel, autrement dit, à faire du réel, comme quand on aime quelque chose ou quelqu’un ; à mettre en pratique le mouvement créateur, là est notre véritable appel de poète, c’est-à-dire d’homme tout simplement ! En pratiquant l’art d’aimer, agissant dans ce sens, accomplissant l’Amour, opérant le Grand-Œuvre avec un A majusculé, majusculant et majusculable, alors là l’écriture retrouve son sens premier !
        
        La poésie est aussi liée à l’observation et au discernement de la réalité, c’est, en quoi toute véritable poésie, comme toute science ou mystique authentique, serait de l’ordre de « la contemplation » (du Réel).
        
        Entre l’imaginaire et le Réel (la réalité de nos réalités), il y a le geste calligraphique, l’élan symbolique, le réflexe métaphorique, l’acte pictural ou plastique … il ne faut pas confondre l’outil, la trace de l’outil, et même l’objet fini …, avec « le désir profond » qui reste toujours premier ; l’homme est un être désirant et cet élan créateur que l’on retrouve en lui et en poésie, nous vient de l’être profond qui est en nous, source des maux comme des mots, des formes et des manques, tout comme il en est l’origine pour le trait et le graphe.
        
        Ce double cri, « Je est un autre », et « Deviens ce que tu es. Fais ce que toi seul peux faire », de deux grands poètes (Nietzsche et Rimbaud, repris par Maurice Zundel et d’autres). Nous font percevoir l’essence même des mots. Si « je » est un autre capable d’amour et de promesse envers les autres, alors là il y a altérité dans la « Création » et création dans l’altérité !

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