LES MOTS AVARIÉS
Dans la catégorie : Récits
par Roland Reumond
L’écriture est mue par les hormones de l’être, qui ont le mérite de faire baisser le niveau de stress et d’angoisse et d’élever des pans entiers d’écriture. Mais, à grand-peine transcrits, au papier gavé et gravé d’encres, ils ne sont déjà plus bons, déjà plus frais, insipides ou bien trop froids, pour dire quelque chose de l’essentiel.
Ainsi, sur les billots de la vie, à l’étal des vitrines, aux crochets des librairies et des salons de lecture, à l’écran où ruissellent les génériques et les publicités, producteurs, auteurs, éditeurs ou bouquinistes peu scrupuleux commercialisent leurs mots avariés ; pour gagner quoi ? Mettre un peu de leurre dans les canards ? Un peu de réalité ou d’imaginaire au fond des purgatoires ? Un zeste de gloire ? Gravir les stalles et publier des mémoriaux ? Attirer beaucoup de mouches à mots ? Comment savoir !
À peine usagés, les mots sont déjà trop lourds, avariés jusqu’à l’os.
Quand la mouche vous Bic, à peine écrits, dits ou criés aux creux de la nuit, ils sont déjà trop anciens, trop pisseux, et blettes à mourir ou à s’abêtir encore.
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Les commentaires
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a écrit il y a 2 ans :