L'ECRITURE SCARIFIEE
Dans la catégorie : Essais
par Roland Reumond
Avant de franchir le premier pont de ce pèlerinage, une simple question m’habite : scarifications superficielles ou profondes, écoulements des sèves, des sangs, d’encres ou de sérosités les plus diverses ; bistouri ou porteplume ; marquage rituel ou littérature ; signes de blessures, symboles d’initiations ou incisions pratiquées sur l'écorce d'un arbre pour y mettre l’écriture.
L’index et le pouce comme suspendus entre le stylet et le porteplume. Suivre pas à plaie, la trace écrite, suivre le signe, que la peau soit comme le papier du créateur et que mon stylet se fasse porteplume pour écrire la lumière dans les sillons du sang. Estampille ou estampe ? Papier chair de poule, Calligraphie à fleur de peau, traces dites d'une fêlure entre la terre et le ciel.
Graffitis ou signature, qui écrira le dernier mot ? L’encre ou le sang ? La peau ou la feuille ?
La parole se donne, se tisse, se tresse quand la peau s’étire, quand les tissus se stressent, voulant vivre plus, se dépassant sans cesse pour que l’autre soi lui-même, unique à aimer.
Sur mon PC, comme à l’horizon, le fond d’écran se couvre de rouge sang pour dire que tout est coupé, copié, collé.
La feuille et la peau se couvrent de parures et de scarifications. Les ronds des O, délimitent la culture du corps. Chaque trait de peintures corporelles est un moyen d’expression comme un code visuel. Nœuds de mots et de peaux, révélant toujours quelque part la peur et le désir de vivre.
La peau meurtrie contre la page, usée par tant de frottements ;
Que l’index s’échauffe et que le pouce s’irrite ;
Qu’ils s’irriguent au filet d’encre et de sang, en attendant des jours meilleurs,
Car le bonheur est toujours pour demain.
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a écrit il y a 2 ans :
a écrit il y a 2 ans :