Histoire - Innoncence
Dans la catégorie : Nouvelles de fantasy
par Rose-Marie Paradis
Innocence
Ma vie de fillette, jusque là, je l'avais vécut sans vraiment savoir dans quoi ma mère travaillait. Je croyais que, comme toutes les mères de mes amis, elle faisait du bénévolat au temple du coin ou qu'elle était employée dans un domaine de femmes.
Jusque là, je n'aurais cru voir ce que j'ai vu par la suite.
Ce jour là, je jouais à l'étage avec mon ourson, quand ma mère entra en panique, me prit dans ses bras et me cacha dans le placard le plus près. Malgré mes protestations, elle m'y poussa, me serra contre elle et prit son visage dans ses mains. Son expression me faisait peur, tant elle mélangeait amour et anxiété. Elle savait ce qui allait se passer, elle savait que c'était la dernière fois que nos yeux se parlerait ainsi, comme dans un miroir.
Toute petite, avec le désespoir qu'apporte une telle tristesse à un fillette en voyant ainsi sa mère, je m'accrochai à sa robe d'une main et sécher les larmes dans mon ourson de l'autre. Elle me serra une dernière fois, et me repoussa dans le placard, se retourna, m'adressa un sourire et partit répondre à la sonnette qui venait de retentir.
J'entendis ensuite des pas entrer dans notre petite maison, et ma mère crier. Elle se tut rapidement, probablement de force. Il y eu un grand bruit sec, comme un coup à la tête et on ouvrit de nouveau la porte pour que quelques personnes sortent de la maison. Il y eu ensuite des bruits vers ma chambre, et on découvrir ma cachette quelques minutes plus tard. J'eus beau mordre et frapper, on me tenait toujours fermement. Un homme n'attendit pas ma soumission volontaire et me souleva. Tout mon être se défendait, ma tête ne savait plus que faire de tout ces évènements. Tout au long qu'il m'amena je m'époumonnais avec le mot maman. Quand je la vis, gisant par terre menottes aux mains, il ne s'échappa plus qu'une fois, tout doucement, comme si ce n'était pas elle. Il resta ensuite pris dans ma gorge jusqu'au carrosse, ou comme une poupée on m'y glissa, pour m'en faire sortir après ce qui me parut un interminable laps de temps. Quand je sortis, on aurait pu m'emmener dans le plus beau des châteaux ou dans la prison la plus miteuse que je n'y aurais pas porté plus attention.
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