Salazar Quitch ou le secret de l'ambre à bulles.
Dans la catégorie : Récits
par Le Routeau Marquin
CHAPITRE 1
Un mois de mars pluvieux avait annoncé la couleur. Comme si un anticyclone pouvait venir à bout de la dépression. Les illusions il les aime, surtout pour se trouver des excuses, c’est un peu comme fermer les yeux, mais en mieux.
Au guichet de l’agence Intérim, un peu sa deuxième maison, il salua la préposée.
— Mademoiselle Elbakri.
— Monsieur Dugand.
— Quelque chose ?
— Rien.
— Toujours rien.
— Vous savez, si vous n’êtes pas plombier, il n’y a pas grand chose à espérer.
— Triste monde tragique.
— Mais non, mais non.
— Bien. Vous m’appelez ?
— Je vous appelle.
— … Pour aller boire un café après votre service ?
— Ah non… Pour ça non plus, n’espérez rien…
Elle se fendit d’un sourire radieux.
Mais on ne sait jamais…
— Oui, on est jamais à l’abri d’une apocalypse, d’un génocide… d’un truc aussi dévastateur que votre sourire… Vous me tutoieriez si nous étions les seuls survivants de la race humaine ?
— Au revoir M. Dugand.
— Appelez moi Alexandre ; s’il vous plaît…
Sonnerie de portable. I will survive version midi. Le boulevard est comme une soufflerie.
— Ouais
— Hello Alex, bien ? ça va ?
— On ne peut mieux…
— Sans dec’, raconte !
— Bah, alors, rien qu’en sortant de chez moi, je tombe sur une mallette du FBI remplie de liasse de billets de 500, je la ramasse, me retourne et là je tombe nez à nez avec Monica Bellucci qui me roule une grosse galoche, comme ça, direct, puis elle me dit avec son accent super torride : Antonio, molto fregato, ce à quoi je répond, flegmatique : excuse Monica, moi c’est Du Gand, Alex Dugand…
— Non, je veux dire, après que tu te sois réveillé… ?
— Tu me crois jamais.
— T’es jamais crédible.
— Tu pourrais être crédule… Je suis allé voir le dernier Bond à la séance du matin, puis je suis passé voir la belette de chez Manpower.
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