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Les amis africains 5

Dans la catégorie : Récits

Photo de Francis Belkacem par Francis Belkacem

        Le Bwiti fut, pour Francis, une expérience sans précédent.
        Rien à voir avec le Guewendo de Silly.
        
        L’ iboga qu’ Ademaya lui montra un jour, dans un pot de verre, ressemblait à une sorte d’écorce mince qui aurait été décollée de l’arbre puis séchée. La couleur des copeaux recroquevillés, longs comme un doigt, était celle de la cannelle à l’intérieur et du bouleau à l’extérieur. Souple et peu friable, l’écorce d’ iboga se préparait râpée ou moulue. Chauffée prudemment pour qu’elle ne s’enflamme pas, elle se réduisait facilement en poudre entre les doigts.
        
        Ademaya s’était lancé dans l’artisanat africain. Il recevait l' iboga en copeaux, dans des envois postaux où sans retenir l’attention, elle semblait servir à protéger des objets fragiles : petites statuettes rituelles stylisées en bois sculpté ou d’autres plus profanes, coulées en cuivre jaune avec la technique de la cire perdue qui montraient des personnages de la vie courante, laboureur avec sa houe, femmes aux seins pointés portant une calebasse sur la tête, homme en érection. Il y avait aussi des verres soufflés envoyés du Togo et du Ghana, des awalé en bois de palmier avec pour jeton des noix de cade.
        
        L’iboga venait de la côte congolaise et zaïroise où l’arbuste pousse à foison.
        
        — Elle est sacrée. On la prépare en décoction, expliqua- t-il, mais on ne peut la prendre qu’après un jour de jeun, seulement la nuit et avec un initié.
        
        — Pourquoi demanda Francis?
        
        — Ne pose pas de questions et suis-moi!
        
        Sa voix était un peu altérée, religieuse, basse comme s’il faisait une confidence au milieu d’oreilles indiscrètes.
        
        — Si tu deviens adepte, tu comprendras bien des choses, mais ce n’est pas toi qui va en décider, c’est l’Iboga et le Bwiti qui est l’Esprit de « Tout ». Suis-moi!
        
        Victor le fit descendre par un étroit escalier dans la cave du restaurant où il stockait ses conserves et ses boissons. Au fond entre deux solides étagères métalliques pleines, s’ouvrait une porte claire qu’il lui fit franchir.

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Les commentaires

Affichage de 3 commentaires sur 3 commentaires

Photo de Matias MorelMatias Morel

a écrit il y a 11 mois :

Je le relis isolement....
Une stupéfiante expérience hallucinogène.....Ce genre de description est difficile....

Votre restitution est prenante...Votre rappel des inconvénients est éloquente...

 

Photo de Matias MorelMatias Morel

a écrit l'an dernier :

Alors votre personnage est square le jour et underground la nuit...
C'est très beat génération...voyages et expériences....

Et la fête africaine qu'en est-il ?
J'aime beaucoup...

 

Photo de Adynatis AntonAdynatis Anton

a écrit l'an dernier :

Tout à fait remarquable..
On change d'univers..ET je trouve ça s'inscrit bien dans la continuité du récit...

 

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