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cinéma

Dans la catégorie : Écriture automatique

Photo de  Obsidienne par Obsidienne

Ce soir je vais au cinéma, je vais engloutir des pages entières de toutes les couleurs, vociférer avec les rebelles, réfléchir à la place du héros et au détour d’un dialogue partir dans une scène nouvelle. Je vais proposer à cette belle femme en larme une autre solution, une voie qui lui rendra le sourire, qui lui épargnera le poids de ce monde ignorant. Je lui ferai comprendre que je ne peux pas tout, certes, mais qu’avec un peu de recul on arriverait ensemble à trouver une belle issue à son enchaînement aux obligations dont je la délivre. Et puis les ongles bien faits de ma douce me ramèneront au danger immédiat, éviter cette voiture folle dont on distingue mal le conducteur, mari jaloux de la liberté de sa femme ou patron éconduit. La musique d’ambiance que constituent les remarques indignées des passants fera le lien direct avec une réflexion rapide sur ce que je viens de vivre, à deux cents mètres de ma place et la belle femme en larme est radieuse, à côté de moi et acceptera avec plaisir d’aller grignoter une pizza ou une belle entrecôte béarnaise et en sortant je ne sais plus quel est le théâtre de la procuration, la vie quotidienne ou ce moment de cinéma. Je sais que je me fabrique des histoires parfois, mais je sais aussi que je les pense avec les outils que je me forge tous les jours, en fournissant les efforts nécessaires pour répondre à des besoins que je ne connaîtrai sans doute jamais. C’est aussi pour cela que nous allons au cinéma, mon amoureuse et moi, nous choisissons des films qui nous transportent dans d’autres cultures, d’autres formes de pensée, d’autres manières de répondre aux contraintes humaines, sociales, politiques, sentimentales et nous écarquillons nos yeux devant la permanence des choses, quand nous reconnaissons dans ce couple tchèque la solidité de l’amour qui les lie ou dans ces mendiants japonais le trésor humain dont on ne peut dépouiller personne ou dans ces immigrés du bout du monde roulant sur une glace fragile l’étincelle de vie qui alimente l’espoir à construire, toujours et toujours.

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Les commentaires

Affichage de 6 commentaires sur 6 commentaires

Photo de Le Routeau MarquinLe Routeau Marquin

a écrit l'an dernier :

joli... :)

 

Photo de Enriet UttoEnriet Utto

a écrit l'an dernier :

À chacun son cinéma maison. lol

Amitié

 

Photo de Samia Lamine Samia Lamine

a écrit l'an dernier :

Ok MRAWN, il ne s'agit pas d'un essai en effet. C'est bien bien une narration, j'en conviens mais elle une visée argumentative..

Dans ce texte, je vois toujours la question des rapports entre les humains qui s'ignorent puisque ce qui est devant nos yeux n'est pas ce qui est: le vrai n'est pas vrai; ce qui est source d'inquiétude amère, de solitude chez le narrateur ou de rejet de l'autre.
C'est ainsi que le personnage reprend la même expression à la fin " même avec toi, j'ai les yeux écarquillés".
L'autre demeure toujours cet inconnu ,incompréhensible ou incompris étant les diversités tout aussi bien au niveau des individus ou culturel.

 

Photo de Mrawn BoergMrawn Boerg

a écrit l'an dernier :

Mais non Samia! C'est bien une petite nouvelle qu'il faut lire au second degré. N'as-tu pas perçu l'ironie sous-jacente qui traverse le texte de bout en bout?

 

Photo de Mrawn BoergMrawn Boerg

a écrit l'an dernier :

Très bien écrit ce monologue qui nous permet de nous immiscer dans les pensées intimes du personnage. Et la chute, elle aussi est bien amenée: elle démontre l'incommunicabilité foncière des êtres humains, même s'ils vivent en couple. Chacun est enfermé dans sa bulle de phantasmes et de rêves.
Bravo!

 

Photo de Samia Lamine Samia Lamine

a écrit l'an dernier :

BONSOIR Obsidienne.

Le cinéma et le théâtre comme tous les arts et comme le voyage nous ouvrent sur l'autre , cet inconnu.
Et comme voir c'est savoir, les portes de la connaissance s'ouvrent alors quand on découvre. Ainsi on triomphe de l'ignorance qui est la cause de tous les maux.

(Je vois bien ce texte dans la catégorie "Essai", tu ne trouves pas?)

Amicalement.
SAMIA.

 

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