amitié !
Dans la catégorie : Écriture automatique
par Obsidienne
L’amitié est finalement un lien d’intelligence qui ressemble à un tissu de vérités.
Ces liens relient le lecteur à lui-même, le lecteur à celui qui écrit, celui qui écrit à lui-même, l’écrivain à celui qui le lit. Je dis lecteur et écrivain, parce que c’est plus simple, mais on peut parler d’homme et de femme, on peut parler d’humains, on peut parler de tous ceux qui ont conscience d’être ou tout simplement de faire quelque chose. Et tous ces liens ne sont que de la matière humaine, des envolées nuageuses de l’espoir permanent qui habite chacun. C’est l’espoir de trouver quelqu’un avec qui affronter plus facilement les questions qui nous hantent, c’est l’espoir de survivre à moindre frais, c’est l’espoir de sentir se poser sur soi un peu d’envie, comme une bouffée d’air frais, comme une ouverture supplémentaire dans la maison que l’on habite.
Maintenant, je vais me réfugier derrière un regard scientifique pour expliquer des choses, un peu compliquées pour moi, poser des comparaisons, même si elles sont fausses (les comparaisons sont toujours fausses, sinon on ne se permettrait pas d’en faire autant : c’est comme telle ou telle chose, c’est comme untel, c’est comme… si c’était « comme », on n’aurait pas besoin de le dire !). Bon, je me lance dans l’erreur. Il faut pour toute action, pour toute activité, une énergie qui la nourrisse, une transformation, une combustion.
Quelle est-elle dans la genèse d’une amitié ? Bien sûr, les choses se font naturellement, on l’a vu plus haut, les rapprochements, les interpellations ne se créent pas de toute pièce et s’inscrivent dans une mouvance générale, dans un déploiement de soi qui franchit allègrement l’espace qui sera réservé à cette amitié. C’est bien ce qui me permet de dire que la naissance d’une amitié est déjà inscrite dans toute activité humaine, et que l’on ne s’active que pour déboucher sur ces rapprochements qui donnent de l’air ou le sourire, ou qui entretiennent l’envie de vivre ou au moins l’envie de faire quelque chose pendant que l’on vit. Je parle d’amitié, mais n’est-ce pas l’idée d’amour qui s’impose tout de suite ? (Je vous le disais…). Bien. L’énergie. Elle est constituée de plusieurs éléments assez intangibles, elle relève de cette combinaison entre le conscient et l’inconscient, il y a le choix tout d’abord, expérience forcément consciente, ce que l’on choisit est ce que l’on pose comme émanant de soi, pas ce que l’on garde en soi. Par exemple, je ne choisis pas de faire battre mon cœur, ni même de respirer. Mais je peux choisir d’arrêter de respirer pour exprimer, pour expirer quelque chose. Le choix donc, et la prise de risque. Je choisis de faire telle ou telle chose, d’écrire avec des mots particuliers, de les publier, je vais donc prendre le risque de mettre ma personne à découvert, le risque que l’on me pille, que l’on me regarde, que l’on rentre dans mon intimité ou pire encore que l’on ne me regarde pas. Et ce risque ne peut pas être mesuré, il est donc total. Il ne peut être mesuré parce que aucuns des paramètres qui le composent ne sont connus. On ne connaît rien de notre expérience à venir, jamais. Parce que notre expérience est toujours inscrite dans ce que les autres font de nos choix et de notre prise de risque. Et les autres, si on savait par avance ce qu’ils vont faire de nous…. On se contente de l’imaginer et cela nous donne du courage. L’amitié naît de là. Dans la reconnaissance des mots figure la reconnaissance du risque. On peut le reconnaître parce qu’il est toujours circonscrit à cette idée d’invasion, de perte de soi ou de fantasme de perte de soi, et parce qu’on le reconnaît, on le rend identique. De là à dire qu’on fabrique du pareil pour se rassurer un peu, de là à dire qu’on fonctionne tous de la même façon, de là à dire qu’amour et amitié…
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