l'apanage du souffle
Dans la catégorie : Poèmes noirs
par Le Routeau Marquin
Les souffles dont je parle ne naissent pas dans des élevages.
Ils sont uniques, et le plus souvent s’écoulent en sanglots.
Ils n’existent que pour faire mal, les salauds,
Et pour qu’on se souvienne d’eux à travers les âges.
Ils soufflent et s’acharnent sur les bonheurs de passage,
Parfois même on parcourt à contresens leur flot,
Ils gâchent jusqu’aux rêves des héros,
Et les meilleures scènes de nos personnages.
Des souffles ainsi que de leurs aréopages,
Je ne compte plus les traces laissées sur ma peau :
Elles dessinent les maintes formes de ma solitude,
Marquent, puisque tel est leur apanage,
Mon âme épanchée de son sang et de son eau,
La laissant se noyer dans sa décrépitude.
Les souffles ont pris sur moi un trop grand avantage
Si bien qu’ils connaissent jusqu’au prochain de mes mots
Et heurtent au coeur, jamais sans à propos,
La retenue qui m’habite, et mon côté trop sage.
Ils soufflent comme des harpies pleines de rage,
Un vent mauvais de sentiments trop beaux,
Et comme un con je cède sous leur assauts,
Ainsi que cela se lit sur mon visage.
Sachez ces souffles animés d’un côté sauvage
S’ils se nourrissent de nous c’est pour sauver leur peau,
Pour ensuite s’enfuir, libérés de leur servitude.
Ils transportent la joie de vivre dans leurs bagages,
Les plaisirs, la joie, les moments idiots,
Nous laissant ivre du confort de nos habitudes.
Il nous incombe de comprendre leur message,
Pour tenter d’inventer de nouveaux idéaux,
De saisir à pleines mains des instants bien trop chauds,
Et d’aller à l’encontre de leurs plus justes adages,
Puis, nous devrons imaginer ce que nul n’envisage,
Dans une lutte sans merci contre nos propres maux,
Puisque tant qu’à s’écraser, mieux vaut tomber de haut
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