LA JUPE D' ISABELLE
Dans la catégorie : Poèmes d'amour
par Aimé Comoé
LA JUPE D’UNE REINE
Quand dans ton placard tu me fis asseoir,
J’étais comme assailli par l’âme d’un clochard.
Tapie dans la pénombre, je contemplais ton manteau
Dont le visage, incroyablement, était beau.
Mon cœur, inlassablement, câlinait le suicide
Quand une fine lueur me rendit lucide ;
Tu ouvris les portails de l’obscur tombeau.
Immobile, tel un ciel, tu contemplais tes joyaux.
Visité par une monstrueuse indécision,
Ton coeur ignorait le choix de ta raison.
Tes yeux, tel un paysage en furie, défilaient
Et moi, passionnément, les convoitais.
Mais un joyau dans une forêt de diamant
Perd toujours les pouvoirs d’un aimant.
Ce mystère faisait frémir mon cœur opale
Quand enfin tes cils, tel le sourire d’une étoile,
Sur mon corps se mirent à errer. Tes pieds,
Timidement et majestueusement, s’approchèrent de moi
Pour me sortir de ce gouffre en émoi ;
Sur tes jambes bronzées, enfin, j’allais m’enivrer.
Assise sur ton lit tel un coryphée,
J’admirais, avec euphorie, la chute de ton peignoir
Qui m’indiquait le chemin du manoir
Que mes doigts, inlassablement, allaient choyer.
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