Lune brune dans le ciel du Québec
Dans la catégorie : Poèmes d'amour
par Abdelmajid Youcef
Texte de Radhia CHEHAIBI (Tunisie)
Traduit de l’Arabe par
Abdelmajid Youcef
Sur les rives du Saint-Laurent
Ce fleuve majestueux,
Où se jettent les ruisseaux,
Revenants avec l’élixir de l’étrangeté ;
Ses fines gouttelettes voltigent, contentes de revenir aux mères-vagues.
Les voiles se déploient
Pour édifier le festival des couleurs.
Dans mon teint brun insolite,
M’ébahit l’éclat de la neige, ruisselant de la source de pureté.
Je récite mes cantiques d’antan
Alors que je me faufile à travers la porte de Saint Louis
Vers le Québec en fleurs depuis quatre cents souvenirs.
La splendeur, autour de moi, se presse.
Je suis multiple et éprise d’amour ;
Je plane avec les ailes de mon langage étrange.
Je promène le regard de mon arabité passionnée.
Je m’élance vers mon amoureux,
Il est seul digne de ma multiplicité.
La vague s’étend vers moi alors que son amour, dans la pureté d’une révélation,
S’étale.
Mes larmes, d’émotion, se déversent.
Nos rêves nous emportent vers le Château Frontenac.
Nous puisons du nectar du passé.
L’espoir, en nous, fleurit comme des trésors scintillants.
Je m’étends sur la rive du sens.
Et voilà les mots et Le Vieux Port et qui mènent la danse autour de moi
Sur le rythme de phrases chargées d’allusions amoureuses.
Les Sept Chutes du haut de la miséricorde inondent nos attentes.
Je jubile, je plane et je me pose sur la terrasse du Concorde.
Une lune arabe passionnée du Vieux Port qui l’enlace
Je m’accroche à l’idée d’union par langage, cœur, âme, et corps
Comme si je m’enivrais d’illusions, je vais au-de –là de mes limites,
Et des prophéties des autres.
Je prends le large de ses yeux,
Enchantée par le charme verdoyant québécois
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