femme, femmes
Dans la catégorie : Écriture automatique
par Obsidienne
Aussi loin que j’aille chercher dans ma mémoire, tu es là, souriante, aimable, intelligente, riche, pleine, féconde, dense, forte, courageuse, belle aussi. À chaque moment fort de ma vie, ta présence a constitué le sens de mes actions, ton existence a induit mes bouleversements. Je me rappelle ce temps où je savais que le monde allait devenir meilleur, quand je confondais encore l’ordre naturel et la bonté, quand l’idéal politique s’habillait des valeurs qui m’ont permis d’exister ; tu liais le tout d’une façon très simple, en étant, en me frôlant, en me parlant, en me montrant comment toute mon énergie doit se mettre au service des autres, comment mon plaisir dépend du bien-être de tous ceux que je ne connais pas, comment ma culture se nourrit de la faim et comment ma faiblesse est toute ma force. Tu m’as montré comment nos cellules s’agençaient pour fabriquer de la vie, dans nos corps distants, tu m’as appris que le moteur de toute vie n’était pas le discours, tu as accepté que je construise sur ton corps détruit ma non violence, tu as permis que nous nous regardions comme des sujets, avec l’intelligence de nos différences, tu as toujours été un étai porteur de ma structure, le tain du miroir, une moitié entière. C’est toi qui me grandis.
Bien sûr tu as été une mère, tu as été une femme, tu as été une amie, une amoureuse, vivante et morte, aimante et rieuse. Mais avant tout, tu as toujours été mon alter ego, ce qui me manquait pour parfaire l'univers, la liberté de ton esprit et le courage de tes mots et cette merveilleuse connaissance de l’origine du monde.
Je sais que tu me fais vivre, je sais que tu existes, mais je ne te connais toujours pas.
Qui es-tu, femme, femmes ?
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