touffeur
Dans la catégorie : Écriture automatique
par Obsidienne
Au moment où la nuit dépose sa dernière poussière, quand les premiers gestes sont encore automatiques, le contact avec la vie qui renaît est toujours chaleureux. Chaud, le café fumant qui vient câliner une vieille envie de plaisir, chaud, l’abri de la couette où l’on a déversé toute la fatigue de la veille, chaude, la première caresse qui vient effleurer une peau étonnamment souple.
L’échange entre la nuit et le jour voit toujours ce moment de faire les comptes, et tout l’amour que l’on avait apporté, comme un trésor, comme des provisions pour bien passer la nuit, apparaît décuplé, vivifié de sa propre force, comme s’il avait continué à grandir, le temps de notre inconscience. Le matin on se relève stupéfait de pouvoir fabriquer autant de chaleur et tout est doux.
Parfois, dans certaines maisons, la conscience des choses, la lourdeur des problèmes prend un peu le pas sur cette chaleur qui fabrique la vraie vie des rêves éternels, parfois le thermomètre est cassé et on se sent mal avec cette chaleur qui s’envole trop vite.
Mais dans notre maison, elle monte en volutes que l’on peut voir de loin, comme des signaux de fumée et qui décrivent de jolies romances toujours différentes, toujours fraîches, toujours belles. Dans notre maison, l’isolation défectueuse ne nous empêche pas de nous sentir au chaud, en permanence. Mais c’est quand même le matin que nous nous étirons le mieux, avec cette envie formidable d’arrêter les pendules et de retenir le rideau du jour.
Aussi, quand nous rendons les armes devant le soleil qui fait bien ce qu’il peut pour nous tromper, quel bonheur de continuer à sentir cette chaleur nichée dans le cœur, jusqu’à la nuit prochaine…
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