pauvre type
Dans la catégorie : Écriture automatique
par Obsidienne
La plus grande fierté de ma vie est d’avoir réussi à m’abstraire des conditions de jugement, à m’éloigner de tout rapport de force, à m’interdire toute instrumentalisation, à regarder autant que mes forces le permettent la vie se construire autour de moi, à participer autant que je le peux à cette organisation, à me fondre dans ma société comme un élément moteur, petitement, mais entièrement. J’ai fini par arriver à ne pas décider de ce qui est bon pour les autres, tout juste le puis-je pour moi, j’ai enfin réussi à ne pas savoir pour les autres ce qu’il fallait faire en leur faisant confiance, tout le temps, même quand les résultats ne me convenaient pas. Je suis arrivé à ne pas me mettre à leur place (sinon où iraient-ils ?) et j’ai enfin admis que je pouvais me tromper, j’ai enfin accepté que je ne pouvais pas tout maîtriser. Je sais maintenant que je ne comprends pas tout. Et j’en suis devenu heureux.
Confronté à cette mouvance impalpable du rythme effréné avec lequel la société se suicide doucement, je deviens plus petit, disparaissant parfois des structures logiques qui magnifient les gagnants –comme on les appelle-, me contentant de vivre chacun des moments où je puise les forces qui me fabriquent.
Et c’est comme cela que je n’ai pas besoin de connaître ce que tout le monde appelle l’amour fou pour t’aimer, c’est comme cela que je peux n’éprouver aucune emprise passionnelle pour toi et avoir toujours envie de te sourire, de t’entendre, de te regarder, de te parler, de cuisiner pour toi, d’accepter tout ce qui nous sépare, de mesurer chaque plaisir que nous nous offrons, de souffrir de ta demande inassouvie, de supporter les manques de nos dialogues, de t’aimer, quoi.
J’aime bien être un pauvre type
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a écrit l'an dernier :
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