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homme de croc-mignon

Dans la catégorie : Écriture automatique

Photo de  Obsidienne par Obsidienne

Bien sûr, j’ai envie de te manger, bien sûr, j’ai envie de me jeter sur toi. Je sens extraordinairement présent et impérieux ce besoin qui m’insuffle l’énergie de ma vie, qui me pousse à t’aimer, qui balaie au passage tous les arguments protecteurs des principes de convenance et de vie en société. Tu me rends sauvage, presque prédateur, je vais te croquer, te triturer, te toucher, t’envahir, te presser et combler ma faim de toi dans une rage bienfaisante et libératrice. Je ne sais par quoi commencer, t’étreindre fortement jusqu’à t’en étouffer, mordre tes lèvres, en arracher un bout, te goûter vraiment, griffer ta peau, enfoncer mes mains dans tes chairs douces ou t’étirer en t’allongeant à ma merci.
Et tu apparais, porteuse de cette étincelle qui apaise et qui grandit les hommes. D’un seul coup, je sens mieux encore cette pulsion qui me fait vivre, je sens qu’elle quitte ma chair et qu’elle circule dans ma pensée. Elle se nourrit de tous les mots que j’ai pu écrire, de toutes les paroles que j’ai pu dire, de tout ce que j’ai lu, de tout ce que j’ai fait et elle s’étoffe d’une patience et d’une retenue qui deviennent confortables, pour toi. Cet espace que tu crées, que nous créons ensemble, et qui nous accueille comme deux individus libres et égaux devient une école de la vie, et ce besoin de nous retrouver devient le moteur essentiel d’une joie qui puise sa source dans le respect de l’autre, dans l’apprentissage de l’autre, dans la permission d’être, simplement, des amoureux qui se parlent.
En un instant, notre vie s’est raccourcie. Dans l’accueil que nous nous offrons éclate tout le travail de civilisation qu’ont initié nos anciens, toute la liberté que nous nous sommes offerte, tout ce que nous lèguerons à ceux qui accepteront de faire les mêmes efforts que nous.
Et cet œuvre étonnant s’illustre de la plus belle des manières dans ton sourire lumineux.

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Les commentaires

Affichage de 1 commentaires sur 1 commentaires

Photo de Arfaoui DandounArfaoui Dandoun

a écrit l'an dernier :

Ce texte me rappelle "Le parfum" de Patrick Süskind où à la fin du roman, Grenouille rencontre de pauvres gens dans une petite rue. Il prend le flacon de parfum et se le verse complètement sur la tête . Le groupe, mû par un sentiment incompréhensible se ruera sur Grenouille pour le manger jusqu’à ce qu’il n’en reste plus de trace. Süskind termine son roman en disant que ces gens avaient le sentiment d’avoir accompli cette action par amour.
Merci et bravo

 

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