la fac de 78 à 2008 (retour vers le futur)
Dans la catégorie : Récits
par Francis Belkacem
La toge chatoyante du néo colonialisme de l’après-guerre mondiale venaient d’être déchirée par l’opération Condor, la Guerre des six jours et la crise pétrolière ; ça pétait sous toutes les coutures.
Les contre-maîtres du tiers-monde avaient servi le trappeur, le négrier, le pionnier, le colon, l’occupant, l'entrepreneur occidental, et longtemps travaillé pour lui dans la croyance d'un nouveau dieu, unique, blanc provisoirement plus puissant que les amulettes, les grigris et les ancêtres.
Les yeux baissés pendant trois siècles, les descendants des peuples asservis et déportés avaient prospéré, s’étaient découverts, nombreux, instruits, membrés et émancipés, libres de chicaner avec l’ancien maître de maîtropole usé dans des luttes à la Caïn, les miettes de sa tutelle sur des matières premières inutiles sur place, indispensables dans l'industrie.
L’interdépendance sortait du vagin des indépendances pendant que les communistes française se libéraient en paroles, refusaient de faire de leurs fils les soldats morts de lointaines colonies peuplées d'exilés de la commune, conquises par les rois de la restauration et Badinguet, peuplées de descendants de forçats et de prolétaires chassés par la misère, la politique ou la religion.
Une liberté de verbe se substituait à l’assistanat proxénète de parâtres protectorats, dans les états avortons asservis, découpés et recousus comme des Frankenstein, à Yalta, Londres, Paris, Washington.
Les patries adoptées, africaines ou asiatiques, avaient compris, après l’Indochine, Suez et l’Algérie, qu’elles pouvaient être ingrates.
Les despotes fantoches des anciennes colonies, dociles dix ans, minaudaient sur fond de guerre froide. Ils prenaient une mesquine revanche, faisaient monter des enchères symboliques, juteuses pour eux et leur clan ethnique.
Les vainqueurs de la guerre mondiale avaient des responsabilités envers les anciens états de leurs empires : que le bel argent file entre les mains de dictateurs sanguinaires, il atterrira toujours dans une banque suisse : le nombril de l'Europe.
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