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Dans la catégorie : Écriture automatique
par Obsidienne
Quand tu m’as dit ce matin : « je t’aibe» et que je t’ai répondu : « boi aussi, bon cœur », j’ai compris que ce ne serait pas pareil aux autres jours, que nous nous emprisonnions dans des gémissements plaintifs, que les forces même nous abandonnaient.
Mais la capitulation ne fait pas partie de notre monde !
Les bactéries se sont mises en marche nous enroulant d’un cache-col vivant qu’éclairaient nos yeux brillants. Les spirilles expectorés se redéposaient comme autant de baisers vainqueurs. Tous nos microbes prenaient un malin plaisir à se reproduire, conscients que cette fois, la trop grande chaleur de nos corps allait nous épuiser.
Et nos sourires un peu las, disaient bien que nous logions notre amour dans des endroits insoupçonnés. À ta petite toux gracieuse répondait un reniflement langoureux. Nous faisions des gammes légères, contents d’être malades en même temps. C’était de la vie, une maladie dont on pouvait rire ensemble cette fois. Nous nous entendions respirer, les sifflements nous vrillaient le cœur et nos tremblements faisaient des vibrato sur nos instruments brûlants.
Vaincus par les mille gestes qui témoignaient d’une belle santé amoureuse, nous nous sommes plongés dans une torpeur doucereuse.
- Abour, je t’aibe
- On doit se leber aujourd’hui ?
- Don, aujourd’hui, on dort et on s’aibe, j’ai un seul rendez-bous, chez le bédecin, tu biens avec boi ?
- Rrrrr, zzzzzz, rrrr, zzzzzz, rrrrr…..
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