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chhhht! c'est "hchouma".

Dans la catégorie : Récits

Photo de Abdelhadi Ait Lahecn par Abdelhadi Ait Lahecn

        Il se nommait Moha. Sa vie avait changé depuis qu’il avait fait la connaissance d’une jeune fille qui s’appelait Habiba. Leur premier rendez-vous était fixé à 14h d’un samedi, mois de juillet, près d’un lac. Le choix de cette heure-là était bien calculé : à ce moment de la journée, tout le monde faisait la sieste au village. Mais il fallait dire que le premier face à face fut tellement pénible pour le jeune adolescent qu’il le laissa en proie d’un silence glacial. Il sentit une boule dans sa gorge qui l’empêchait de parler. Des mots d’amour lui passaient par la tête mais, il les réprimait de peur qu’ils n’eussent pas d’écho dans le cœur de Habiba.
        Moha parla à sa grand-mère de son incapacité à déclarer ses sentiments à Habiba.
        « Les hommes sont étranges. Ils ont assez de courage pour affronter un lion affamé, mais ils n’en ont pas pour faire connaître leurs sentiments à la personne aimée », lui dit sa grand-mère.
        Le jour suivant, Moha prit du courage et révéla à la jeune fille l’amour qu’il avait pour elle. « Je t’aime moi aussi », lui murmura Habiba timidement.
        Cette phrase ébranla sa vie de fond en comble. Il fut saisi par une folle envie de courir, de sauter, de crier de toutes ses forces vocales qu’il était amoureux, que son cœur aimait, et qu’il était également aimé. Il voulait parler de cette passion à tous ses amis et à toutes les personnes qui l’entouraient. Mais la première personne qu’il mettait toujours au courant de ses nouvelles était son unique amie intime, sa grand-mère. Celle-ci fut très contente pour lui. Elle le prit dans ses bras et lui dit qu’il était devenu un homme grâce à l’amour et surtout, grâce à la bravoure que nécessitait sa révélation.
        Par un excédent d’émotion, Moha partit à la recherche de sa mère afin de l’informer, elle aussi, de ce qu’il ressentait. Il la trouva dans la cuisine, en plein travail. Il la salua en lui baisant la main et le front. Elle en fut surprise à un degré élevé car, d’habitude, Moha ne lui baisait le front que pendant les jours des fêtes religieuses.

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Les commentaires

Affichage de 5 commentaires sur 5 commentaires

Photo de Abdelhadi Ait LahecnAbdelhadi Ait Lahecn

a écrit il y a 3 ans :

merci Albert pour ton commentaire.

 

Photo de Albert BerchardAlbert Berchard

a écrit il y a 3 ans :

tu as éveillé en nous Moha le fou Moha le sage avec uen version tout à fait sage et folle au meme temps

 

Photo de Mohamed BouhanchMohamed Bouhanch

a écrit il y a 3 ans :

hola mon ami,
t sais, tes textes font toujours mouche. j'aime bcp ton style, il est aussi bien simple que "mjhd"....pr le sujet, bravo, t'as fait le bon choix, surtout que la plupart, si je dis pas que toutes les familles arabo-musulmanes, évitent constamment d'évoquer ce genre de sujet,et surtout avec leurs enfants ou leurs proches, pour la simple raison comme tu disais "hchouma".. Mais une choz est sûre, c'est qu'y aura certainement mille et une façons pour faire face à cette "Hchouma" qui nous cerne et nous handicape!
Merci mon ami et bravo.

 

Photo de Abdelhadi Ait LahecnAbdelhadi Ait Lahecn

a écrit il y a 3 ans :

merci Safia. ton commentaire a touché à l'essentiel du texte.

 

Photo de Safia TrikiSafia Triki

a écrit il y a 3 ans :

Bonjour Abdelhadi

Ce récit bien écrit évoque une problématique d'éducation parentale traditionnelle qui brime les enfants avec les tabous .
J'espère que les parents de nos jours donnent l'occasion à leurs enfants de communiquer et de dialoguer pour qu'ils soient épanouis sans complexes et pour qu'ils contribuent plus tard à l'essor de leur pays.
Amicalement

 

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