Le 10 mai 2010
— Al est parti... Avec Perle… Ils sont partis...
— Comment, partis ? Pour où ?
— On ne sait pas. Ils sont partis. Ils ont pris leur voiture, la vieille Chevrolet qui avait appartenu au mari N° 3 de sa mère...Al avait arrangé quelque chose sur le net…Un bateau devait les emmener avec la bagnole en Amérique du Sud, ou sur une île du pacifique.
* * *
La nuit du 10 mai 2010, l’atmosphère printanière était aux souvenirs des printemps style Prague, mais repeints en triomphes. Les peuples d’Europe, comme des colonnes de lemmings arpentaient les avenues des centres urbains, prêts à jeter leur courage inemployé dans des combats de rue.
* * *
— Mais comment Al et surtout Perle, vont-ils vivre, là-bas ?... et leur retour ?...
— Ils n’ont pas dit qu’ ils reviendraient
— C’est inouï... Ça dépasse tout… Ils sont partis, comme ça, sans rien dire à leur voisins, à leurs amis... La peur ?…Le dégoût d’une humanité qui ne change pas ?… Il n'y a pas la guerre pourtant, quelque émeutes…
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En Europe, les partis politiques à la déroute se faisaient des politesses pour n’ accéder à aucun gouvernement : les derniers tribuns après avoir fait les sémaphores, s’étaient pétrifiés dans des postures de démagogues hâbleurs, insignifiants, minuscules.
Les politiques, démasqués, n’apparaissaient que comme d’ inaltérables justificateurs, à posteriori, d’une réalité qu’ils n’avaient pas pris la peine d’infléchir : inutiles.
* * *
L'étrange nouvelle du départ d’Al et de Perle m’est arrivée par mail à la campagne. J'ai appris que des soldats gardaient, mitraillette au côté, la préfecture, les îlots résidentielles encore habitées, les épiceries, les boutiques de luxe de leur quartier chic.
La veille les super-marchés avaient été pris d’assaut, pillés.
a écrit 16 heures plus tôt :
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