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Accident - I

Dans la catégorie : Nouvelles générales

Photo de Al Glub par Al Glub

        On est tourmenté très jeune par des questions buissonnantes et ardentes.
        Depuis, sous le marronnier de la psychanalyse, Al est livré à une angoisse perceptible aussitôt qu’il entrouvre la bouche, le cœur ou écrit une ligne.
        Le praticien qu’il a usé et enrichi, écoute avec lassitude l’explosion scrofuleuse du volcan jamais éteint, sans renoncer à lui faire croire qu’il peut sinon guérir, du moins surmonter le premier symptôme : la misanthropie.
        
        Passée cette longue introduction cérébrale, sans remonter aux poussières d’étoile du big-bang, chacun sait qu' il y a un « rose bud » à la citizen Kane, la frigidité kleptomane d’une Marnie de Hitchcock au printemps de l'existence, une ombre qui tire les fils …
        
        Sa mère, avec des airs entendus, terminait toutes ses phrases par des : « Tu vois !… Ce que je veux dire ! ».
        Seulement quand elle ne s’adressait pas à lui.
        
        « Tu vois… Tu vois… Tu vois… » Le fait de s’adresser toujours à des visionnaires, puis à lui comme à un aveugle sentaient l’anomalie.
        
        Il notait sur un calepin :
        
        …Pourquoi que maman dort tout le temps dehors et me laisse avec tata Messaline, alors qu’elle dit que je suis un ange petit et fragile ?….
        
        Il finit pas accepter que maman travaille en équipe de nuit et tata le jour ; la vie semblait comme ça.
        Vers neuf ans, il élargit le cercle de ses sujets d’observation à Cassandre la fille de la concierge.
        
        Il nota :
        
        …Pourquoi qu’elle a ces boules qui gonflent , alors qu’avant à la piscine elle avait qu'un slip, comme moi ?…
        
        Il se mit à la suivre en espérant une solution pour l’énigme.
        
        ….Pourquoi qu’elle sort son chemisier dès le coin de la rue et remonte sa jupe jusqu’au nombril ? On voit ses cuisses, comme maman quand elle sort le soir!
        
        

* * *


        
        A huit heures, Al, dans son anorak gris, tourna dans l'avenue Danton que tout le monde appelait la descente au Bois. Il avait avalé son chocolat pour partir à l’école avec vingt minutes d’avance.

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Les commentaires

Affichage de 3 commentaires sur 3 commentaires

Photo de Al GlubAl Glub

a écrit 14 heures plus tôt :

Merci Anton
c'est vrai ça fait un peu théâtre de boulevard
mais ce n'était pas mon intention

 

Photo de Adynatis AntonAdynatis Anton

a écrit 14 heures plus tôt :

Votre histoire est distrayante comme une comédie italienne.

 

Photo de Evelyne BertEvelyne Bert

a écrit il y a 2 mois :

Je reviens ECRIRE et je ne suis pas déçue par ton nouveau texte: Accident Eve

 

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