Supplique d'un ninja de pixels
Dans la catégorie : Fanfiction
par Pierrot ...
(Plainte nostalgique de l’électronique métaphore subversive du système économique)
Il fût un temps, entre les années 80 et 90, où tout être normalement constitué connaissait mon nom. J’étais au sommet de la vague, les embruns de la gloire venaient doucement et perpétuellement caresser ma chevelure soyeuse aux forts accents de virilité. On m’avait adopté, tout le monde votait pour moi, on me vénérait. Les enfants me prenaient pour exemple,les adolescents venaient me voir pour se défouler, exorciser le mal-être de plus en plus profond qui commençait à les ronger. De nombreux jeunes adultes, impressionnés comme un puceau devant un film porno par mes chinoiseries acrobatiques s’inspiraient clairement de moi dans leurs rapports sociaux. J’avais un vrai pouvoir à cette époque!
Je jouissais d’une popularité quasi-aveugle, qui relèguerait aujourd’hui au rang d’amateurs de nombreux apprentis dictateurs adeptes du culte de la personnalité et autres exactions visant probablement à combler un fort vide affectif bien teinté de mégalomanie.
C’était la belle vie, la grande fête de tous les excès, sans gueule de bois! Aucun concurrent, seulement des amis. Nous étions tous partenaires. Artistes pionniers d’une révolution industrielle naissante. Mario, Sonic, Alex Kid, les gars de Street Fighters et les tortues Ninja étaient mes camarades de jeu. Fortement liés, nous avancions tous dans le même sens, poussés par des vents électroniques leurrant de façon binaire notre destin.
Mon corps athlétique faisait de moi un éphèbe aux mouvements si fluides que j’étais capable de donner des coups aussi bien à terre qu’en l’air, de me baisser, de sauter et - ma valeur ajoutée, mon plus, mon avantage concurrentiel - de lancer des shurikens. Mes ennemis, que je considérais comme tels sans réellement connaître la nature profonde de nos différends, étaient nombreux, surentraînés, avides de violence, assoiffés de sang et, fort heureusement pour ma survie, totalement dépourvus de la moindre capacité de réflexion et d’anticipation, mis à part certains spécimens légèrement plus évolués que je connaissais sous le nom de « Boss ». Les attaques des ces adversaires à mains nues ou armées, étaient vraiment peu diversifiées et véritablement simples à contrer, d’autant plus que je jouissais d’une mortalité relativement plus adaptée que celle d’un être vivant lambda.
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a écrit il y a 3 ans :
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