Noir, et tous les souvenirs par terre
Dans la catégorie : Écriture automatique
par Mickaël Duncan
Je porterai mon deuil sur mon front au lieu de mon cœur, un masque portant le symbole de tout ce qui comptait pour moi : une coupe en acrylique argenté dans laquelle la vie avait déposé le plus succulent des venins, me labourant de l'intérieur, me possédant les veines à coups de lames de rasoirs acérées.
Je porterai mon deuil sur le front, un masque pour éponger pour un premier temps les gouttelettes étoilées de mes yeux... un premier temps, pour commencer... s'en suit souvent des dix minutes intenses de souvenirs, des bandes vidéos de mémoire interne, tout ce que j'ai vécu de plus profond, de plus profondément vécu taxé sur ma peau de loup - jusqu'avant toi Satyre des temps modernes.
Des dix minutes qui finissent toujours de la même manière, me donnant l'envie de dissiper tout, mais sans la moindre haine, dans de la fumée bien épaisse et une bouteille de scotch... tiens. Je revois ton visage, cette expression d’agonie, ce dernier mot cette dernière phrase qui sans doute tournera en boucle dans ma tête jusqu’à la fin de mes jours.
Un homme profondément cassé en deux avec un seul son en tête, difficile de se dire l'inverse, Eddie a presque tout le temps raison.
C'est quand j'étais fier d'avoir écarté ces démons invisibles qui te font trembler, dans le noir de l'incertitude et du doute étouffant auquel on ne peut se faire, tu t'es retourné et balancé froidement que s'en était pas assez, que je ne m'y prenais pas vraiment aussi bien que ça. Se débrouiller, essayer, tout ça ne suffit pas ! mais est ce que ça ne compte pas ?
Trouvera-t-on les bons couchés de soleil, le bon timing, les bonnes chaussettes et pas de fausses certitudes...
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